ex aequo

Le choc !

En 1995, la place fédérale fut envahie par des lapins en chocolat. La raison de cette mobilisation ? Attirer l’attention des parlementaires qui allaient débattre de l’autorisation de substituer le beurre de cacao par des matières grasses végétales moins nobles : palme, beurre de karité, extraits de noyaux de mangue dans la fabrication du chocolat.

 

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A l’heure actuelle, l’adjonction de 5% de matières grasses végétales autres que le beurre de cacao est autorisée par la loi suisse. En raison du souci de maintenir la tradition chocolatière suisse et peut être suite à la mobilisation des ONG, les fabriquants de chocolat suisse ne procèdent pas une telle adjonction. Le chocolat MASCAO pionnier des chocolats proposés par les Magasins du Monde « fait » mieux, car non seulement il respecte la tradition suisse, mais il est bio et équitable à base de fèves de cacao transformées en Bolivie.

Si le chocolat procure plaisir et richesse au Nord, le cacao est une matière première qui, en dehors de la bulle du Commerce Équitable, a un goût très amer pour les petits producteurs du Sud. Le marché du cacao est en effet dominé par quelques géants qui contrôlent une grande partie du marché inter national. Les petits producteurs sont donc très vulnérables. La libéralisation du secteur agricole dans les pays producteurs ne f ait que renforcer la position dominante des transnationales et des pays du Nord.

Le cacao, thème de cette première édition du journal ex æquo que nous vous livrons cette année, est une matière première dont nous ne saurions nous passer. Dans la filière du cacao, la libéralisation, voulue par des institutions inter nationales comme la Banque mondiale et le FMI, a eu un impact particulièrement négatif sur les petits producteurs qui aspirent à une certaine stabilité des prix qui leur permettrait de mener une vie normale et d’envoyer leurs enfants à l’école.

La déréglementation s’est transformée en un instrument de domination de plus des plus forts sur les plus faibles. Les débats qui auront lieu ces prochaines semaines - dans le cadre de l’OMC notamment - auront une grande influence sur l’avenir des petits producteurs, sur leur souveraineté sur leurs ressources et leurs productions. Espérons donc que la récente décision des Nations Unies de « placer la mondialisation équitable au coeur des grandes priorités mondiales de 2005 » se traduira en toute logique par une vision plus équitable des règles du commerce international mises en place au sein de l’OMC et non pas par un durcissement des conditions de vie au Sud.

A suivre...